Les travaux du Forum du Commerce et de L’investissement entre le Royaume-Uni et l’Afrique Francophone de L’Ouest et du Centre (UK-WCAF IV) se sont ouverts à Lomé ce 12 novembre à Lomé en présence du Président du Conseil Faure Gnassingbé.
C’est la première fois que le forum se tient sur le continent africain, notamment à Lomé au Togo, marquant l’ouverture d’un nouveau chapitre du partenariat entre le Royaume Uni et les pays d’Afrique francophone.
Cet événement international est organisé par DMA Invest en partenariat avec le Gouvernement de Sa Majesté le Roi Charles III, la République togolaise, le Foreign, Commonwealth & Development Office (FCDO), le Department for Business and Trade (DBT) et UK Export Finance (UKEF),
L’objectif est de renforcer les échanges commerciaux et les partenariats d’investissement entre l’Afrique francophone et le monde anglophone. A titre d’illustration, le soutien de l’UKEF à la région est passé de 4 millions £ à plus d’1 milliard £ en cinq années.
Le forum abordera des thématiques importantes pour la croissance et la résilience économique du continent, notamment l’accès au financement, le soutien aux PME, l’assurance et la réassurance, l’agrobusiness, et l’éducation.

Les échanges ouvriront la voie à de nouvelles collaborations entre Londres et Lomé, dans le cadre du Developing Countries Trading Scheme, qui accorde un accès préférentiel au marché britannique pour plusieurs pays africains, dont le Togo.
Au cours de son intervention, le Président du Conseil s’est réjoui de la tenue de ce forum à Lomé, avant de partager avec les participants, cinq (05) convictions, qui traduisent selon lui, la vision que le Togo porte pour ce partenariat renouvelé entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone.
Les convictions de Faure Gnassingbé
Le dirigeant togolais est d’abord convaincu que ce forum de Lomé, le premier du genre sur le sol africain, ouvre un nouveau chapitre du partenariat entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone.
« Le Royaume-Uni et l’Afrique francophone partagent une même ambition : Nous voulons passer d’une relation d’assistance fondée sur des dons à de véritables relations économiques fondées sur l’échange, l’investissement, la création de valeur et la complémentarité des savoir-faire. Nous avons beaucoup à gagner ensemble », a-t-i déclaré.
Il a précisé que le continent africain offre la jeunesse, les ressources et le potentiel d’innovation ; le Royaume-Uni apporte l’expertise, la technologie et les capitaux, et que Lomé se situe au point de rencontre entre ces deux mondes, avec le Togo qui incarne cette Afrique qui s’ouvre et qui relie.
Le deuxième point évoqué par Faure Gnassingbé, est que « les infrastructures seront les leviers de souveraineté, de croissance et de compétitivité dans notre région ».
Selon lui, l’Afrique francophone n’a pas besoin de plus de projets, mais de projets mieux conçus, mieux financés et mieux intégrés.
« Il s’agit d’investir pour produire, pas seulement construire. Ici, les infrastructures ne sont pas juste des dépenses, ce sont des investissements stratégiques. Construire un port, une route, une ligne électrique ou un réseau numérique n’a de sens que si cela permet à nos entreprises de produire, de transformer et d’exporter davantage », a-t-il fait savoir.
En troisième point, il a estimé la nécessité de faire entrer les acteurs locaux dans les chaînes de valeur, en mettant l’accent sur l’innovation, l’entrepreneuriat et l’inclusion.
Pour Faure Gnassingbé, le développement ne se décrète pas ; il se construit par la base, dans le tissu des petites et moyennes entreprises, dans la créativité des jeunes et dans l’audace des entrepreneurs.
« Il faut donner ici toute leur place aux entrepreneurs africains, aux jeunes et aux femmes. Ce forum doit être une tribune pour cette Afrique qui entreprend, qui innove et qui transforme. Nos PMEs africaines sont prêtes à grandir. Dans l’agro-industrie, le numérique et les services, elles sont prêtes à franchir un nouveau seuil : celui de l’intégration régionale et globale », a déclaré le Président du Conseil.
Faure Gnassingbé se dit convaincu que c’est que la croissance verte et la révolution numérique qui seront les grands accélérateurs de notre croissance.
« Je crois fermement que la prospérité de demain reposera sur ces deux piliers : l’énergie propre et l’innovation numérique. Ce sont deux forces qui peuvent transformer durablement nos économies. Pour de nombreux pays en Afrique, la double transition verte et numérique représente une opportunité de saut technologique. Elle nous permet de contourner des décennies de dépendance industrielle et d’inventer des modèles plus sobres, plus inclusifs et plus intelligents », a-t-il expliqué.
Enfin, le dernier point partagé avec les participants, est que « l’intégration régionale de l’Afrique francophone peut devenir le moteur d’un marché africain ouvert sur le monde ».
« Le succès de ce forum dépendra de notre capacité à penser au-delà de nos frontières nationales. Penser le développement pays par pays n’a plus vraiment beaucoup de sens. L’intégration régionale est notre meilleur outil pour réussir à l’échelle mondiale ».
Pour Le Président du Conseil, les investissements britanniques en Afrique francophone ne seront durables que s’ils s’appuient sur des chaînes régionales interconnectées et sur des plateformes logistiques et industrielles qui relient plusieurs marchés francophones et anglophones.
« Nous avons besoin de corridors régionaux pour nos biens, de réseaux transfrontaliers pour notre énergie, et d’écosystèmes numériques pour nos services. Ces interconnexions sont les vraies infrastructures du futur. C’est tout le sens de notre engagement pour la Zone de libre-échange continentale africaine. Avec 1 milliard 400 millions de consommateurs, elle crée le plus grand marché émergent du monde », a fait savoir Faure Gnassingbé.
Il faut souligner que le forum réunit plus de 700 participants notamment des représentants d’une dizaine de pays africains, dont le Bénin, le Cameroun, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Guinée, la Mauritanie, la République Démocratique du Congo et le Sénégal, ainsi que des responsables économiques et diplomatiques du Royaume Uni.
La Rédaction