Coopération : A Rome, Faure Gnassingbé plaide pour une nouvelle architecture entre l’Europe et l’Afrique

Le Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé a livré ce 18 juin 2026, une réflexion approfondie sur les mutations de l’ordre économique mondial et les nouvelles formes de coopération appelées à structurer les relations entre l’Europe et l’Afrique.

C’est à l’occasion de sa participation aux travaux du sommet FII PRIORITY Europe qui se tient à Rome en Italie.

Dans son intervention, le Président du Conseil a défendu une vision fondée sur l’interdépendance maîtrisée, l’investissement productif et la convergence des intérêts stratégiques.

Pour Faure Gnassingbé, les défis auxquels sont confrontés les deux continents ne peuvent plus être abordés à travers les schémas traditionnels de coopération. Selon lui, l’heure est venue de construire une relation nouvelle, fondée sur les réalités du siècle présent et sur une compréhension mutuelle des intérêts stratégiques.

« Il ne s’agit pas de parler d’aide, de commerce ou de coopération classique. Il s’agit de construire une relation stratégique plus équilibrée entre l’Europe et l’Afrique. Ce dialogue est utile parce qu’il oblige à dépasser les anciens réflexes. Il invite à repenser les partenariats à la lumière des nouvelles réalités économiques. Il nous pousse à bâtir des réponses adaptées à un monde devenu plus complexe et plus exigeant», a indiqué le dirigeant togolais.

Il estime que les complémentarités entre l’Europe et l’Afrique offrent un terrain particulièrement favorable à la construction de nouveaux équilibres économiques. L’Europe recherche des partenaires fiables pour sécuriser ses approvisionnements et soutenir sa compétitivité.

L’Afrique, quant à elle, a besoin de capitaux, de technologies et d’infrastructures pour accélérer sa transformation. D’où la nécessité d’un partenariat gagnant-gagnant.

Au sujet de la question du financement du développement, le Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé a plaidé pour une redéfinition du rôle du capital dans l’économie mondiale.

Selon lui, la performance ne peut plus être évaluée uniquement à l’aune du rendement immédiat. Elle doit désormais intégrer la capacité à renforcer durablement la résilience productive des territoires.

« Dans le monde qui vient, la compétitivité ne se mesurera pas seulement au coût le plus bas ou au rendement le plus rapide. Elle se mesurera aussi à la capacité de produire, de transporter, de transformer et d’approvisionner de manière fiable. Le capital doit changer d’horizon. Il ne peut pas seulement financer des actifs isolés. Il doit contribuer à construire des systèmes productifs complets et cohérents. »

Faure Gnassingbé a en outre rappelé l’ambition du pays de consolider son rôle de plateforme logistique, industrielle et commerciale en Afrique de l’Ouest. Une ambition portée par la modernisation continue du port de Lomé, le développement des corridors régionaux et la digitalisation des procédures commerciales.

« Notre ambition est claire. Consolider le rôle du Togo comme plateforme logistique, industrielle et commerciale de l’Afrique de l’Ouest. Nous disposons d’atouts solides avec le port de Lomé, les corridors vers l’hinterland et la facilitation du commerce. L’étape suivante consiste à mieux relier ces atouts au développement des chaînes de valeur ciblées. Cette stratégie est nationale, mais elle possède également une portée régionale » a-t-il expliqué.

Enfin, le Président du Conseil a appelé à un changement profond de paradigme dans les relations euro-africaines. Il a invité les deux continents à dépasser les approches héritées du passé pour construire un partenariat davantage tourné vers la production, l’innovation et la création de valeur.

Le Président du Conseil Faure Gnassingbé a décliné à travers son discours, les contours d’une vision où l’Europe et l’Afrique cessent d’être de simples partenaires circonstanciels pour devenir des acteurs d’une même stratégie de prospérité. Une vision qui place l’investissement productif, l’intégration économique et la confiance mutuelle au cœur des équilibres de demain.

En dehors des échanges stratégiques et des réflexions sur l’avenir des relations euro-africaines, la participation du Togo à FII PRIORITY Europe renforce son positionnement comme acteur crédible des transformations économiques en cours. Cette tribune de haut niveau offre au pays l’opportunité de promouvoir ses atouts logistiques, industriels et financiers auprès des grands décideurs internationaux, tout en consolidant son attractivité pour les investisseurs.

Le sommet FII PRIORITY Europe est une rencontre de très haut niveau consacrée à l’examen des mécanismes de financement de la réindustrialisation, des chaînes d’approvisionnement résilientes et la transformation de la main-d’œuvre dans une économie axée sur l’intelligence artificielle.

Les travaux ont connu la participation du Président du Conseil d’administration de Future Investment Initiative (FII) Institute, Yasir ben Othman Al-Rumayyan, du fondateur et président du Comité exécutif de FII Institute, Richard Attias, des dirigeants politiques, responsables d’institutions financières internationales, d’investisseurs de premier plan et des chefs d’entreprise entre autres.

La Rédaction

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