A Londres, Faure Gnassingbé plaide en faveur d’une approche africaine du nucléaire

En sa qualité d’invité d’honneur de la 51ᵉ édition du Symposium mondial du nucléaire qui se tient à Londres en Angleterre, le Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé a dans son intervention, livré un plaidoyer en faveur d’une approche africaine du nucléaire fondée moins sur les annonces que sur la préparation, les partenariats et la mobilisation des financements.

« De l’ambition à l’action » : c’est le thème de ce Symposium qui a naturellement servi de fil conducteur à l’intervention du dirigeant togolais.

Pour Faure Gnassingbé, cette formule traduit une réalité désormais incontournable : l’énergie nucléaire bénéficie d’un regain d’intérêt à l’échelle mondiale et apparaît, pour de nombreux pays notamment africains, comme un instrument susceptible de renforcer la sécurité énergétique, d’accompagner la transition climatique et de soutenir le développement économique.

Le regain d’intérêt pour le nucléaire ne produira des résultats durables qu’à condition d’être accompagné d’un environnement institutionnel, réglementaire, financier et humain suffisamment robuste.

« Pour l’Afrique, cette transition est particulièrement importante. Le continent a d’immenses besoins de développement et d’industrialisation, d’amélioration des systèmes de santé, ainsi que le développement du numérique et, plus largement, de ses infrastructures », a indiqué Faure Gnassingbé.

A ce titre, « l’Afrique ne demande pas simplement une technologie. Elle demande un véritable partenariat. L’Afrique offre un marché et une vision de son propre avenir énergétique », a-t-il précisé.

Le Président du Conseil a illustré cette approche par la trajectoire du Togo. Membre de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) depuis 2012, le pays a progressivement engagé la construction de son environnement institutionnel et réglementaire.

« Le Togo est membre de l’AIEA depuis 2012 et nous avons progressivement renforcé notre cadre national pour l’utilisation sûre et pacifique des technologies nucléaires. En janvier 2025, nous avons créé notre Commissariat à l’énergie atomique. Plus récemment, nous avons signé un nouveau cadre de coopération avec l’AIEA. Dans le même temps, nous évaluons les technologies susceptibles de répondre à nos besoins futurs, ainsi que les partenariats et mécanismes de financement nécessaires », a-t-il rappelé.

Le financement, principal défi du nucléaire africain

Pour concrétiser les ambitions africaines au sujet du financement, le Président du Conseil a présenté les obstacles au financement des projets de développement nucléaire.

En effet, ces projets nucléaires requièrent des investissements importants et s’inscrivent dans des cycles particulièrement longs. Ils nécessitent donc des structures financières capables d’accompagner des projets dont les horizons se mesurent en décennies.

« Le financement reste l’un des défis les plus importants du déploiement nucléaire en Afrique. Les projets nucléaires exigent des investissements considérables sur le long terme et des structures de financement capables de gérer les risques sur plusieurs décennies », a-t-il fait savoir.

Par ailleurs, l’intervention du Président Faure Essozimna Gnassingbé à Londres a également été marquée par une annonce à portée internationale : l’adhésion du Togo à la Déclaration visant à tripler la capacité nucléaire mondiale d’ici 2050, lancée à l’occasion de la COP28.

Par cette décision, le pays entend prendre sa part aux efforts internationaux visant à renforcer la contribution de l’énergie nucléaire à la sécurité énergétique et à la lutte contre le changement climatique, tout en réaffirmant son attachement aux principes de sûreté, de sécurité et d’utilisation exclusivement pacifique des technologies nucléaires.

A travers sa participation au Symposium, le Président du Conseil a ainsi défendu une vision dans laquelle le nucléaire ne constitue pas une fin en soi, mais un possible instrument au service du développement.

L’enjeu est désormais de faire en sorte que la nouvelle dynamique mondiale en faveur de l’énergie nucléaire puisse également bénéficier au continent africain, en contribuant à son industrialisation, à l’innovation, au développement des infrastructures et au renforcement de ses capacités humaines et technologiques.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *