Problème d’eau potable : Les explications et solutions du Gouvernement

La problématique de l’accès à l’eau potable dans la région de la Kara, notamment dans les préfectures de la Kozah et de la Binah était au centre d’une « question d’actualité » au gouvernement le mercredi 31 décembre 2025 à l’Assemblée nationale.

Face aux députés pour répondre à la question posée par le député Adoyi Esso-Wavana Ahmed (Président de la commission agro-pastorale, de l’aménagement du territoire et du développement local), le ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat, Kodjo Sevon-Tépé Adédzé accompagné de de Séna Alipui, ministre délégué auprès du ministre de l’aménagement du territoire chargé de l’eau et de l’assainissement

Cette question d’actualité visait notamment à obtenir des éclaircissements sur les mesures concrètes envisagées par son ministère à court, moyen et long terme afin de résoudre ce problème crucial et vital.

Les explications du ministre ADEDZE

Pour ce qui concerne les difficultés d’approvisionnement en eau potable dans la région de la Kara, le ministre a évoqué comme causes, les effets du changement climatique, marqués par une baisse significative de la pluviométrie, ayant entraîné un faible remplissage du barrage de la Kozah, passé de 16,10 mètres en octobre des années précédentes à 7,80 mètres en octobre 2025.

Pour Kodjo Adédzé, cette situation s’est traduite par une régression continue du niveau d’eau, qui a atteint 5,30 mètres au 25 décembre 2025. À ce jour, le volume d’eau disponible demeure faible, inférieur à 1 000 000 m³, pour couvrir les six mois de la période sèche, alors que le besoin journalier réel est estimé à 22 000 m³.

Quant à la région des Savanes où le même problème est constaté, le ministre Kodjo Sevon-Tépé Adédzé a précisé que « les difficultés d’approvisionnement en eau découlent du contexte ci-après : les effets du phénomène de changement climatique sur l’hydrologie de la rivière Oti avec une forte pression sur les ressources en eau exacerbée par la sécheresse; la capacité des systèmes de forages existants insuffisante pour couvrir les besoins ».

Les efforts de solution dans la Kara

Dans la Kara, ces contraintes ont conduit à la mise en place d’un comité de crise, chargé d’identifier et de mettre en œuvre des solutions à court terme, notamment la réduction immédiate des tensions d’approvisionnement et la préparation d’une gestion plus stable des ressources en eau.

À ces mesures s’ajoutent la récupération de forages équipés de pompes à motricité humaine présentant des débits satisfaisants.

À cet effet, 50 forages PMH et PEA ont été identifiés, dont 17 déjà connectés au réseau de la TdE à la date du 28 décembre 2025. Par ailleurs, 14 nouveaux forages ont été réalisés et seront raccordés, tandis qu’une équipe de la direction de la maîtrise d’ouvrage a été déployée dans les localités de Mango et de Kara pour procéder à de nouvelles implantations et à la réalisation de forages supplémentaires.

Le renforcement des capacités de distribution, notamment par la mobilisation de camions-citernes, vise également pour sa part à réduire le déficit en eau potable dans les zones critiques.

Le ministère prévoit à long terme, de renforcer durablement l’approvisionnement en eau dans la région de la Kara. À cet effet, le projet d’alimentation en eau potable de Kara et de ses environs est actuellement en cours de mise en œuvre, avec un financement du Fonds koweïtien à hauteur de 12 milliards de FCFA et de la Banque islamique de développement à hauteur de 13 milliards de FCFA.

Par ailleurs, l’étude de faisabilité du barrage multi-usages de Sarakawa est également en cours et devrait permettre, à terme, une production journalière de 22 000 m³ d’eau.

Les solutions envisagées dans les savanes

À court terme, les actions engagées pour apporter des réponses dans cette région du nord du pays portent principalement sur le renforcement rapide des capacités de production.

À ce titre, la réalisation de nouveaux forages figure parmi les priorités, avec le déploiement en cours d’une équipe technique dans la localité de Mango.

Par ailleurs, le gouvernement a lancé les travaux de desserte en eau potable des bases militaires dans la région des Savanes. Ce programme concerne 32 bases, dont 9 forages sont déjà réalisés sur les 32 programmés. Selon le ministre, l’ensemble des forages devrait être achevé d’ici la fin du mois de janvier 2026.

À moyen et long terme, les mesures annoncées s’inscrivent dans une logique de renforcement structurel et durable de l’approvisionnement en eau potable.

Il s’agit notamment de l’exécution du projet d’urgence de renforcement de l’alimentation en eau potable des villes de Mango et de Dapaong, pour un coût prévisionnel de 4,7 milliards de FCFA, à mobiliser par l’État avec l’appui de ses partenaires.

Le ministre a également apporté des éclairages sur la même situation qui prévaut dans certaines localités du Grand-Lomé.

Le Ministre délégué Séna Alipui (cravate rouge) lors de ses explications

Le ministre a également indiqué la poursuite des travaux du projet « PND Eau », financé par l’Agence française de développement et la Banque européenne d’investissement. Ce projet vise l’alimentation en eau potable des villes de Dapaong, Cinkassé, Tandjoaré, Gando, Mandouri, Bombouaka, Korbongou et de leurs environs, pour un coût global estimé à environ 20 milliards de FCFA.

Dans le cadre de la phase 2 du projet « PND Eau », le gouvernement prévoit la mise en œuvre d’un projet d’extension du réseau d’adduction et de distribution d’eau potable, assorti de la construction d’une nouvelle station de traitement pour la ville de Mango.

Cas du Grand Lomé

Pour ce qui concerne la région du Grand-Lomé, le ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme et de l’Habitat a indiqué que l’objectif poursuivi est d’assurer un approvisionnement durable en eau potable pour la ville de Lomé, à travers une combinaison d’approches complémentaires.

Cette stratégie repose notamment sur la réhabilitation des infrastructures existantes, pour un coût estimé à 12 milliards de FCFA, ainsi que sur le renforcement de la capacité de production par la mobilisation conjointe des eaux de surface, à partir des barrages et des prises en rivière, et des eaux souterraines, à travers la réalisation de forages.

Au rang des actions prioritaires engagées, le ministre a cité la réhabilitation des forages existants et la construction de nouvelles infrastructures dans le cadre du « Projet d’amélioration de la sécurité hydrique en milieu urbain », actuellement en cours d’exécution. À ce titre, neuf nouveaux forages sont prévus, tandis que quinze anciens forages feront l’objet de travaux de réhabilitation. Les marchés relatifs à ce projet, dénommé PASH-MUT, sont en cours de passation.

Par ailleurs, le gouvernement envisage également la mobilisation des eaux souterraines du champ captant situé au nord et à l’est du lac Togo, dans le champ captant Est de la préfecture de Vo. Les estimations de production, établies en 2025, oscillent entre 40 000 et 100 000 m³ par jour, pour un coût prévisionnel de réalisation compris entre 70 et 120 milliards de FCFA.

En complément, la mobilisation des eaux de surface à partir de la rivière Zio et du fleuve Mono figure également parmi les options retenues pour renforcer durablement l’alimentation en eau potable du Grand-Lomé.

A travers son Président Prof. Komi Selom Klassou, l’Assemblée nationale a exhorté le ministre à accélérer la mise en œuvre des mesures d’urgence afin de résoudre rapidement le problème dans les régions concernées et au-delà.

Cette séance de la « question d’actualité » au gouvernement, a été organisée conformément aux dispositions de l’article 16 de la Constitution de la Ve République et de l’article 112 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

La Rédaction

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