Des mesures concrètes pour redresser le secteur des BTP au Togo

Le Comité de Concertation État–Secteur Privé (CCESP) a tenu ce 12 février 2026 à Lomé, une rencontre sectorielle consacrée aux acteurs des Bâtiments et travaux publics (BTP). Les échanges francs et directs entre représentants des départements ministériels, les marchés publics et professionnels du secteur ont permis de faire un diagnostic sans complaisance de la situation avec des mesures pour une relance du secteur.

En effet, le constat préoccupant du gouvernement est que malgré les efforts engagés ces dernières années, le secteur demeure confronté à des défis importants : retards d’exécution, chantiers inachevés ou abandonnés, insuffisances dans la qualité des études et du contrôle, difficultés structurelles liées aux marchés publics entre autres.

D’où la nécessité de situer les responsabilités et garantir qu’à l’avenir, tout marché attribué soit exécuté dans les règles de l’art et dans les délais requis.

Les mesures prises

À l’issue des échanges, plusieurs recommandations structurantes ont été formulées en termes de mesures concrètes.

Il s’agit notamment de faire réaliser par les autorités contractantes un état de lieu complet de tous les marchés en souffrance, de réaliser un audit pour les marchés abandonnés, de renforcer les mécanismes de sanctions, et de mettre en place une commission mixte Etat-Secteur des BTP pour traiter les problèmes structurels du secteur des BTP (conflits d’intérêt, préférence nationale, offres sous évaluées, renforcement de capacité des deux parties etc..)

Le ministre délégué Sani Yaya chargé des travaux publics et des infrastructures, a insisté sur la nécessité d’un diagnostic rigoureux et d’une réforme approfondie des pratiques.

Il a mis l’accent sur l’amélioration de la qualité des études techniques en amont, le renforcement du contrôle des travaux, l’application du principe de « l’offre économiquement la plus avantageuse » plutôt que la logique systématique du moins-disant, la formation accrue des acteurs, et un dialogue renforcé avec les banques afin d’améliorer le financement des entreprises du secteur.

Le ministre de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et de l’habitat, Kodjo Adedze a de son côté rappelé que les dysfonctionnements observés engagent des responsabilités partagées entre l’État et les entreprises. Il a souligné les efforts réalisés pour renforcer le cadre juridique de la commande publique et a insisté sur l’obligation collective de livrer des ouvrages conformes à la vision d’une « République des résultats ».

« À l’issue des discussions, chaque partie devra prendre des engagements pour qu’à l’avenir, lorsqu’un marché public est attribué, nous soyons certains qu’il sera exécuté dans les normes », a pour sa part indiqué le ministre des Finances et du Budget, Georges Barcola.

Les discussions ont par ailleurs ouvert la voie à la mise en place d’un mécanisme de suivi, destiné à traduire les recommandations issues de la rencontre en actions concrètes.

Il faut souligner qu’au Togo, le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) joue un rôle stratégique dans la modernisation des infrastructures nationales et dans la dynamique d’émergence du pays.

Au cours des cinq dernières années, près de 3000 milliards de F CFA ont été consacrés aux investissements publics, dont une part significative aux infrastructures, selon le ministère des Finances et du Budget

David S.

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